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Méthodologie

La méthode ÉMRS (Évaluation Modulaire des Risques de Sécurité) ou ÉHMRS (Évaluation Harmonisée et Modulaire des Risques de Sécurité) que nous avons conçue est née de ce que nous avons appris de certaines méthodes citées (pas forcément toutes), mais provient essentiellement des corrections effectuées au fil du temps des aspects traditionnels qui fonctionnaient moins bien. Si on élimine le rabattage médiatique, les divers clubs d'utilisation et autres lobbyistes qui diffusent une approche, une méthode et un outil au détriment d'autres, nous restons convaincus que l'expérience des analystes de risque doivent les amener à apporter leurs propres modifications lorsque la situation le permet ou l'exige, afin de faire preuve de flexibilité. Certaines organisations, par leur statut, sont légalement ou administrativement tributaires d'une méthode normalisée (par exemple EBIOS RM dans le cas de ministères ou d'Opérateurs d'Importance Vitale en France et NIST SP800-37 pour les agences fédérales Étasuniennes), mais les autres peuvent bénéficier d'approches critiques, apportant plus de liberté, mais doivent néanmoins démontrer la cohérence de leur structure et du processus décrit. Notre démarche s'inscrit dans cette logique.
La méthodologie est harmonisée, car elle s'inspire des meilleurs aspects des méthodes les plus connues et réputées dans un nouvel ensemble cohérent. N'oublions pas que pour réaliser une méthode pertinente et efficace, il ne suffit pas de synthétiser des méthodes existantes. Il faut également puiser dans le corpus de connaissances et la somme des expériences individuelles en matière de gestion des risques, en y ajoutant du bon sens. À notre avis, les meilleures méthodes, les plus pertinentes, ne sont pas toujours le fruit d'un consensus entre experts auto-proclamés, plutôt le fruit d'une réflexion originale poussée d'un analyste individuel très expérimenté.

La méthodologie est modulaire parce qu'à chaque activité correspond un module spécifique qui produit des résultats exploitables sans avoir besoin de compléter toutes les activités. Une évaluation de risque doit pouvoir s'adapter aux contraintes, notamment de temps, de quantité de documentation. Les processus doivent être flexibles, adaptables aux circonstances de l'organisation, facilitant la prise de décision le plus tôt possible. La première décision serait : est-ce que nous pouvons aller de l'avant avec notre activité ? Puis, est-ce qu'on doit aller de l'avant seulement après avoir réalisé certaines tâches et investi dans des technologies additionnelles ?

Il faut reconnaître l'existence de 3 approches d'analyses de risque :

Dans les trois cas de figure, et c'est une spécificité de la discipline de gestion des risques comparée à celle adoptée lors d'un audit, il faut que les trois composants essentiels de risque que sont l'actif, la menace et la vulnérabilité puissent être mis en correspondance, même si l'importance de chacun peut varier selon l'approche retenue.

Notre méthode se décompose en 3 modules complémentaires :

La méthode proposée est modulaire car chacun des 3 modules est autoporteur est donne des informations permettant une aide à la décision. On peut focaliser l'évaluation seulement sur les menaces et déterminer le niveau de risque inhérent, c'est très utile si l'on veut réaliser un premier panorama haut niveau pour toute l'entreprise et pas forcément pour un actif particulier. Bien évidemment, ce premier niveau d'évaluation n'est pas aussi précis que si on utilisait les trois modules, mais c'est un travail très utile et assez rapide à effectuer si on se base bien sur un référentiel de menaces déjà évalué.
On peut évaluer seulement les faiblesses dans une approche d'audit et considérer que les vulnérabilités isolées de toute information sur les menaces posent un risque. Ce n'est pas conseillé, mais c'est possible et faisable. On obtiendra un niveau de risque inhérent au même titre que si on évaluait les menaces. Bien évidemment, on peut évaluer les menaces et les faiblesses en même temps, les 2 premiers modules donc, ce qui est toujours mieux que de faire le module 2 seul. Il est préférable de toujours porter une attention particulière sur les menaces qui sont en nombre fini et dont il existe des référentiel qui permettent de les connaître et de les pré-évaluer. Considérant que menaces et vulnérabilités sont les deux faces d'une même pièce, on n'a théoriquement pas besoin d'évaluer les faiblesses, juste les identifier pour les intégrer au scénario de risque. Les vulnérabilités, contrairement aux menaces, sont en nombre infini, et ce sont souvent les faiblesses inconnues qui posent les problèmes les plus graves.
Il est aussi possible de ne pas tenir compte les menaces, ni les faiblesses en tant que tel, mais considérer qu'une mesure de sécurité inexistante ou peu efficace constitue la principale faiblesse, permettant ainsi d'analyser cette fois les risques résiduels sans même passer la détermination d'un risque inhérent. Formalisée dans le cadre plus restreint de la certification d'un système par la méthode NIST SP800-37, l'approche par l'évaluation des mesures et très courante en Amérique du nord. C'est une étape qui intéresse tout particulièrement la haute direction car elle met en évidence l'évaluation de l'efficacité de tous les dollars investis en technologies diverses ...

Un mot sur les vulnérabilités : on peut distinguer les vulnérabilités intrinsèques (celles provenant de la conception, architecture interne et configuration) et les vulnérabilités extrinsèques, extérieures au système étudié (mode de déploiement et mesures de sécurité d'infrastructure communes à un environnement).

La méthodologie repose sur des référentiels aussi bien externes (ISO, CIS 18, SCF, NIST CSF, etc.) que internes (inspirés des référentiels externes ou conçus de zéro) afin de renforcer la cohérence accompagner les analystes dans leur travail tout en rendant les résultats reproductibles. Ces référentiels doivent être maintenus périodiquement durant des activités de maintenance séparées. Chaque évaluation utilise les référentiels actualisés après un intervalle de temps choisi, au minimum annuellement, que chaque analyste va utiliser de manière uniforme.
Les référentiels sont des catalogues standardisant des termes et pouvant contenir des évaluations préliminaires, par exemple :

La méthodologie est semi-quantitative ou hybride en prenant en compte les statistiques des menaces étudiées et en proposant des échelles monétaires des impacts organisationnels adaptées au cas par cas, selon le secteur ou la taille de l'entreprise. Tous ces éléments peuvent être modifiés et adaptés aux besoins.

La présente approche est protégée sous licence Creative Commons.
Modular Security Risk Assessment Methodology by Igor Scerbo is licensed under Attribution-NonCommercial-ShareAlike 4.0 International